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Compte-rendu de la Finale nationale #1 (2ème partie)

Fin de cette première étape nationale, dimanche 14 juin, à l’issue de laquelle sera désigné, parmi 26 groupes, celui qui partira représenter la France lors de la finale mondiale Emergenza 2015.



Deuxième soirée pour cette première finale nationale d’Emergenza 2015, à l’issu de laquelle nous retrouverons un premier vainqueur qui partira en Allemagne pour représenter la France lors de la finale mondiale, du 6 au 9 août prochain lors du Taubertal Festival.

En attendant, la soirée va être longue au Bataclan puisque ce sont 14 groupes qui vont s’affronter, s’ajoutant au 12 qui se sont produits la veille à l’Alhambra (lire le compte-rendu), pour décrocher ce fameux sésame entre votes du public et avis tranchés du jury, composé à nouveau ce soir de Yoan Manesse (producteur transmédia chez YMCM Prod, et auteur de « Devenir professionnel de la musique » (Éditions Eyrolles, préface de Jack Lang)), Erik Bengtson (Chef de projet Spinnup, Universal Music Group - Sweden), Mitch Giovannetti (guitariste de Superbus) et Matthieu B. Michon, votre journaliste de service.


 

Et la soirée d’être lancée par Dopamine, un combo rock plutôt costaud, qui flirte avec le hardrock, y compris dans ses moments les plus soft. Une demoiselle à la basse et surtout un bon chanteur dans un esprit Brian Johnson (AC/DC) en moins rocailleux. Un bon petit riff à la Marylin Manson, un solo d’harmonica pour un rock plus bluesy, le groupe se cherche encore musicalement et l’ensemble trop linéaire reste timide sur scène. Il semble néanmoins prendre un peu plus d’assurance sur un dernier morceau plus dur. Une voie à creuser.

 



Sans aucun doute plus au point techniquement les musiciens de Patty Varen poursuivent dans cette veine tout aussi musclée, mais en optant pour un rapprochement périlleux avec la variété française. Des chansons plutôt bien arrangées, une reprise des White Stripes, on se perd dans les identités. « Naufragé », n’est pas sans rappeler le « Prendre racine » de Calogéro, il y a un vrai travail sur les harmonies vocales, un guitariste talentueux et finalement lorsque que le son pète, ça le fait !

 

C’est couronnée, que la très jeune chanteuse d’Over s’avance sur scène. Un nom comme une peinture de guerre, ovaire ! Car malgré ses jeunes années le groupe pratique un riot grrrl directement influencé par les années 1990, mouvement marqué alors par Daisy Chainsaw, L7, Babes in Toyland ou le Hole de Courtney Love. C’est dans ces deux dernières références qu’il faut trouver le timbre vocal de la demoiselle qui entame le set a capella. C’est teigneux, pas vraiment en place mais l’écriture est vraiment intéressante, et lorsque la voix devient cri, on est assez fasciné par cette spontanéité. Militante jusqu’au bout, c’est seins nus que la chanteuse finit sa prestation avec les mots « Hole » et « Whore » écrit en rouge à la manière des FEMEN. De quoi ébranler les conventions.


 

N’importe quel groupe passant après fait alors figure de fils à papa. C’est le costume qu’endosse The R. Boots, pour un songwriting plus policé dans un rock relativement convenu, mais plutôt bien fait. Un leader charismatique et deux/trois chansons efficaces autour des indémodables « forever/together ». L’ensemble se tient, même si on note quelques petits problèmes de justesse sur les harmonies vocales. Un point qu’il faudra donc travailler, tout comme les solos dont il faudra se passer s’ils ne sont pas suffisamment maîtrisés.

 

On commence en mode polka avec Keep Away From Fire. Costume d’indien, un geek, un biker, un nu-métalleux, véritable patchwork musical, ces Village People sont bien loin du disco et assènent avec son double chant un joyeux bordel. Fusion, salsa métal, funky et speed métal, rock’n’roll et harmonica, ça part dans tous les sens et pourtant les Picards sont encore trop sérieux. On aimerait vraiment que cela soit encore plus dingue.

Premier groupe de rap de la soirée, L’1tersection propose en français, une formule originale autour d’une section rythmique bien punchy, d’un MC au flow posé et d’un pianiste (que l’on aurait plus imaginé sur scène pour un récital classique). Les riffs sont bons, malheureusement les schémas trop similaires et on attend plus de nuances, une plus grande variété d’atmosphères, ce qui n’est pas évident, la formation limitant le champ des possibles. Peut-être un instrument supplémentaire ou l’utilisation de samples permettrait de donner un liant, une dimension supplémentaire.


 

Nouvelle grande famille sur scène avec Laurence Christel Gastine & Jazz Soul Etnik et nouvelle orgie musicale sur scène. Point fort pour la section rythmique, renforcée par un percussionniste très expansif. Chanteuse/saxophoniste, à l’instar d’un Fela Kuti, Laurence Gastine mène ses troupes dans un mélange de groove, d’afrobeat, d’ambiance plus jazzy et de… variété caribéenne. Beaucoup d’informations visuelles sur scène, une live painting performance, une danseuse, qui partent un peu dans tous les sens et finissent par nous éloigner de la musique. C’est dommage ! Mention spéciale néanmoins à la chanson du tchip.

 

Retour au rock avec Empty House et une très belle entrée en matière dans son petit côté punkisant qui donne envie de sautiller dans tous les sens. Ça joue bien, notamment avec les ruptures de rythme et l’on découvre au fur et à mesure une très grande maturité d’écriture. Non seulement d’une insolente efficacité, les titres traduisent un souci de ne pas faire dans le linéaire, et même un titre qui paraît plus anecdotique peut dévoiler son moment de magie. Une belle complémentarité au niveau du chant, mais celui qui représente finalement le plus cet esprit est son guitariste (qui va remporter d’ailleurs le 1er prix sur cet instrument) dont la musicalité et l’aisance semblent naturelles, le tout sans arrogance, ni mise en avant. Le talent n’attend pas le nombre des années et j’avoue d’avoir été sacrément bluffé.

 

Une intro un peu western spaghetti, The Droppers a le rock qui galope. Une voix à la Pearl Jam ou à la Crash Test Dummies (Mmm Mmm Mmm), une choriste à la coiffure sophistiquée dans un style qui donne un peu l’impression que la demoiselle s’encanaille en faisant du rock. Ça joue bien, une bonne présence sur scène sans trop en faire, une bonne complémentarité des voix, de l’interaction avec le public et une chanson d’amour… pour les pancakes : la soirée a changé de niveau. Nous sommes de plein pied dans la compétition et face à un vrai groupe.

 

Si les deux premiers morceaux du Bazar montrent un bon groupe… enfin disons une belle famille du hip-hop, avec des beats percutants, le groove, un flow efficace (suffisamment pour remporter le prix du meilleur chanteur), renforcé par une jolie choriste-flutiste qui sait, elle aussi, se faire punchy. Pourtant on aurait raté l’essentiel. Car à partir du troisième titre, le groupe prend une nouvelle dimension en mettant de la nuance, un dialogue trippant entre le violoncelle (ah, je ne vous avais pas encore dit ?) et la guitare électrique, pour un résultat vraiment original, une claque, ce qui est suffisamment rare dans le genre pour être souligné. Pour finir, le Bazar donne une dernière leçon de rock avec un hymne : « C’est le bordel, c’est le dawa, c’est le bazar / à base de po po pop, c’est le retour du rock ! ». Bravo, la foule s’enflamme !

 

Enchaînement pas évident et pourtant Casablanca Drivers relève le défi la tête haute, la moustache qui frise, le poil soyeux et les chemises hawaiiennes de sortie. Un rock dansant efficace, des musiciens d’un très bon niveau instrumental, et qui ne se démontent pas face aux problèmes techniques qu’ils ont pu connaître en cette soirée. Des harmonies vocales, une petite guitare afrobeat comme il se doit et une improbable reprise de Julio Iglesias (« non, toi non plus tu n’as pas changé », qui prend ici une nouvelle saveur. L’ensemble est vraiment au point et dans l’air du temps…


 

Metal on Fire ne trompe pas sur la marchandise. Il s’agit bien là d’un groupe de métal, très influencé par Metallica… Gros son, saturation, capable à la fois de riffs bien lourds, d’un  certain côté tribal dans les rythmiques et d’un côté presque punk. Si l’ensemble est peut-être un peu convenu, il n’en demeure pas moins massif et très efficace. Suffisamment en tout cas pour voir le percussionniste de Laurence Gastine danser toutes dreadlocks dehors. La musique avant tout !

 

Restons sur ces territoires capillaires avec Jah Sidy Boy qui bâton de pèlerin à la main s’avance vers cet océan de rockers, prêchant sur une terre qui se révèle plutôt sensible à ce reggae qui offre un bon son, bonne énergie, de good vibes. Malgré quelques problèmes de justesse, l’ensemble se tient et foisonne d’arrangements (choristes, claviers, cuivres). Parfois un peu trop linéaire, on est agréablement surpris lorsque le rythme s’accélère et prend des teintes afrobeat. Une voie sans doute à explorer.

 

Si les Jazzrooteen sont jeunes, leur musique n’en est pas moins ambitieuse. Un brassband rock de huit musiciens, dont on sent les années de pratique et les prix en conservatoire, mené par un clarinettiste talentueux. Cela manque encore d’organisation sur scène, on reste parfois un peu trop sur des formes jazz avec solo, pourtant la formule tourne bien et lorsque la masse entre en action, cela se révèle très efficace. On regrette que ces moments ne soient pas plus longs et encore plus impressionnants en accentuant justement ce côté rock. Très beau potentiel néanmoins.


 

Une entrée de Grands Boulevards sur le thème de Pulp Fiction puis un ensemble de chansons qui hésite entre rock, chanson française (reprise inutile de Louise Attaque), et folklore celtisant. Un sax, un violon pas toujours très juste, un chanteur qui se donne, dommage qu’il y ait trop de fragilités derrière pour le soutenir comme il se doit. Ils ont eu en plus la malchance de terminer la bal après une armada de très haut niveau.



Une soirée donc contrastée qui aura permis de repérer quels groupes qui pourraient bien faire parler d’eux ces prochains mois. Rien d’étonnant, en tout cas, à retrouver ainsi dans le trio de tête : Empty House, Le Bazar et surtout Casablanca Drivers qui remporte d’une phalange, cette première finale française Emergenza 2015, et partira donc en Allemagne l’été prochain pour défendre ses chances à la finale mondiale.

Matthieu B. Michon


Voici l'ensemble des résultats de la finale :

Classement du Jury
01. Casablanca Drivers
02. Le Bazar
03. Empty House
04. Jah Sidy Boy
05. Jazzrooteen
05. Mr Yéyé (Nantes)
06. Y'en a Sextet
07. Animal's War (Marseille)
08. The Dailers (Lyon)
09. The Macho Hells
10. Glowin Shadow
11. The R boots
12. à 15. K.A.F.F, Lost&Found, The Trip, Grands Boulevards

Prix techniques
Meilleur guitariste : Damien - Empty House (Guitare Ibanez Guitars)
2ème Meilleur guitariste : The Macho Hells
Meilleur bassiste : Valesse - Jah Sidy Boy (basse Ibanez)
2ème meilleur bassiste : Juan - Y'en a Sextet
Meilleur batteur : Jazzrooteen (Cymbales UFIP EARCREATED CYMBALS)
2ème meilleur batteur : Animal's War
Meilleur chanteur : Le Bazar
Meilleur show : Mr Yéyé