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Compte-rendu de la Finale nationale #1 (1ère partie)

C'était samedi 13 à l’Alhambra, 12 groupes s'affrontaient pour obtenir leur place pour défendre la France lors de la grande finale mondiale d'Emergenza 2015 !



Et nous voici à la fin de cette nouvelle saison Emergenza qui aura vu cette année pas moins de 912 groupes s’affronter le temps de 182 concerts répartis dans 17 villes. Une première finale donc, en deux temps, dont le premier avait lieu ce samedi 13 à l’Alhambra. Douze groupes, tous genres confondus, qui ont passé avec succès les premiers tours de sélections pour s’affronter et ainsi décrocher le fameux sésame donnant accès à la finale mondiale qui se déroulera en août prochain en Allemagne lors du Taubertal Festival qui avait vu, l’année passée, gagner les norvégiens de The Scheen, devant les niçois de The Kitchies.


 

Au jury pour cette finale : Yoan Manesse (producteur transmédia chez YMCM Prod, et auteur de « Devenir professionnel de la musique » (Éditions Eyrolles, préface de Jack Lang), Erik Bengtson (Chef de projet Spinnup, Universal Music Group - Sweden), Mitch Giovannetti (guitariste de Superbus) et votre serviteur, Matthieu B. Michon, pour la caution journalistique.

 



C’est devant un public, encore clairsemé, que les lauréats de la finale de Lyon, The Dailers entame les hostilités sur un riff accrocheur. Un chant un peu rauque sur un micro vintage, et le groupe d’arriver à faire une synthèse improbable entre un rock costaud, pour ne pas dire couillu, et une bonne dose de sonorités électroniques donnant alors une terrible envie de danser. L’ensemble, avec ses structures de morceaux à cassures, n’est jamais linéaire et séduit, même si on souhaiterait peut-être voir un peu de folie sur scène.

 

Morning Sun prend alors le relais avec un set qui fait la synthèse entre tonalité rock, un groove un peu soul et de petits côtés à la Red Hot Chili Peppers. Un chanteur-bassiste, le cheveu impeccablement dressé, un joli travail sur les harmonies vocales, pour une prestation tout en sobriété et retenue. « Please come back to me », « Today », les chansons sont là mais la systématisation des solos, pourtant intéressant au début du set, finit par nous perdre…


 

Après un accord lâché, Glowin Shadow lance une introduction au clavier… exercice périlleux lorsque celui-ci n’est pas totalement maîtrisé. Un rock métal avec des sonorités gothiques grâce aux vocalises de ses deux choristes qui ont opté pour une ténébreuse sensualité, encore trop dans la réserve. Les harmonies vocales sont plutôt bien travaillées, le bassiste prend également souvent le micro pour renforcer les parties scandées du chant lead, le vrai point fort de cette formation. Car si le projet est ambitieux et le groupe sait jouer sur les atmosphères, celui-ci est malheureusement encore très jeune dans son approche et va demander un gros travail : trop d’informations aussi bien musicales que scéniques font que l’on ne sait plus forcément sur quoi porter son attention lorsque l’ensemble devient magma.

 

Orange. C’est la couleur qu’arbore le public de The Trip, venu en nombre encourager cette jeune formation. Une entrée un petit peu timide sur scène, des guitares pas très bien accordées qui expliquent peut-être également pourquoi les harmonies vocales ne sont pas non plus toujours en place. Ajoutez à cela un problème technique en fin de set, qui a fait disparaître le son d’une des guitares, et vous comprendrez que The Trip ait eu du mal à offrir sa meilleure prestation. Pourtant ce groupe sympathique propose un songwriting intéressant, qui lorgne de l’autre côté de la Manche et sur lequel il faudra s’appuyer pour donner à l’ensemble un cadre solide pour affronter la scène.

 

Du haut de leurs 14 à 18 ans, Lost & Found sont sans doute les benjamins de cette compétition. Si le groupe se cherche encore, entre mélange des genres (folk, pop, rock énervé) et beaucoup d’imperfections (mises en place approximatives, guitares mal accordées, etc..), il n’en demeure pas moins attachant, et laisse entrevoir de belles possibilités : une jolie chanteuse qui doit assumer un peu plus son exposition sur le devant de la scène, un guitariste au bon style, un peu chien fou, dont la complémentarité vocale avec le timbre de la demoiselle sus citée, apporte un vrai plus, et donnera à cette formation une vraie belle dimension.

 

La scène est plongée dans le noir et lorsque Mr. Yéyé monte sur scène, on change de catégorie. Qu’on apprécie ou non le genre, on comprend pourquoi le groupe breton à remporter la finale de Nantes. Ça joue bien, le spectacle est garanti (le strip-tease aussi…), rock en français liant riffs à la mother fucker, quelques parties rappées, quelques refrains suffisamment accrocheurs pour qu’un public assez nombreux les aient suivis jusqu’ici. Parfois tirant sur la variété française, on pourrait célébrer la rencontre de Matmatah et du côté obscur de Calogéro (et que lui-même ignore…). Bref, un groupe qu’il va falloir suivre de très près !

 

Toujours rock avec London Pulses. Si les Amiénois lorgnent bien évidemment de l’autre côté de la Manche pour trouver une saine influence, il n’en demeure pas moins que le quatuor sonne parfois comme une version anglo-saxonne de Téléphone. Les compositions se tiennent, mais demandent à être encore travaillées, notamment sur les guitares, afin d’être un peu plus en place. Une plus grande interaction entre les voix donnerait une complémentarité qui offrirait à ce combo les moyens de nous faire planer avec lui sur « I fly ». En attendant les fans retrouveront London Pulses sur un maxi à sortir avant la fin de l’été. Loud & Proud !

 

Anglais, français, rock, chanson, parties rappées, et une énergie débordante pour un chanteur qui ferait passer « monsieur 100 000 volts » pour un vulgaire amateur. Hyperactif en mode zébulon, mais dans une veine qui n’est pas sans rappeler Ludwig von 88 (« Non, non, ne te laisse pas faire… »), des titres plus pop et une reprise de Rage Against the Machine pour finir un set plein de potentiel. The First Strangers part dans tous les sens, hésitant entre les influences. Pour autant, le groupe est très attachant par sa fraîcheur et laisse entrevoir bien des possibilités. Une mention spéciale à sa bassiste qui, non contente d’avoir un bon petit look, se permet de décocher quelques lignes qui feront des envieux.

 

De l’ordre, The Macho Hells en a fait dans ses compositions qui traduisent un songwriting mature, inspiré par Muse, mais laissant place à un côté plus rock’n’roll. Cette subtilité, on la retrouve dans les changements de rythmes, un son qui a été travaillé, les nuances ainsi que dans les solos qui sont pensés comme part entière du morceau et non comme un moyen de se mettre en avant. L’ensemble séduit mais si on sent parfois l’envie de plaire au plus grand nombre alors qu’il serait peut-être judicieux, lorsque l’on porte un tel nom, de salir un peu les choses, de sentir la sueur et la testostérone.

 

La cinquantaine tranquille, le Y’en a Sextet pratique le jazz ou plus exactement la chanson jazz. Compositions, reprises  et comprises (fusion des deux, ou comme le dit une chanteuse à la grande maîtrise vocale : « une reprise à notre sauce »), pour ce sextet d’un excellent niveau instrumental, trompette en tête, et qui vient faire (à l’instar d’un Nougaro) son cinéma. « Sur l’écran noir de (nos) nuits blanches », ceux-ci réinterprètent en finesse et partagent avec simplicité, et devant un public nombreux, un plaisir non dissimulé.

 

Le contraste est alors saisissant lorsque sur scène apparaît un quatuor, torse-nu, des masques d’animaux visés sur la tête (cheval, éléphant, coq, gorille) donnent, le temps d’une introduction instrumentale, un sentiment étrange, entre amusement et légère inquiétude… et à raison ! Originaire d’Hyères, Animal's War pratique un métal dans une veine plutôt classique dont l’originalité réside dans un équilibre entre parties plutôt heavy et instants plus speed, presque punk. C’est dans cet exercice qu’ils dévoilent une personnalité plus authentique. Une petite chorégraphie, des guitares en feu (de Bengale…), « Fuck you anyway » le spectacle est fait !

 

Dernière rupture pour clore la soirée avec la salsa de Suerte 9 qui comme son nom l’indique est un ensemble de… 10 musiciens. Un chant en espagnol pour une excellente prestation digne des grandes soirées cubaines, tous cuivres dehors, mais dans une version peut-être un peu trop policée, car ça n’est pas tant sur scène que dans le public que se passe le spectacle. Pas de danses, collectives ou en couple, les hanches chaloupent mais on aimerait que la chaleur passe aussi parmi les musiciens. Patience…

Patience également pour l'ensemble des groupes et leurs fans qui doivent attendre le lendemain au Bataclan, seconde partie de la finale pour découvrir enfin le premier lauréat d'Emergenza 2015 !

Matthieu B. Michon
photos Pauline Maroussia P